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Actualités des mandataires en immobilier et de leurs réseaux

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La guerre est ouverte entre agences immobilières traditionnelles et réseaux de mandataires sans vitrine ni carte professionnelle. Les unes se sentent menacées, les autres exclus. Le 7 février, sous les lambris de l'Assemblée nationale, où était organisé un colloque de réunification, le dialogue a failli tourner à l'aigre. Les patrons d'agences et les syndicats, SNPI, Unis et Fnaim, supportent mal que des professionnels, parfois issus de leurs rangs, tentent de mailler le territoire « d'entrepreneurs indépendants ».

En cause, ces réseaux qui recrutent à tour de bras des négociateurs peu formés, parfois peu familiers du secteur, avant de les lancer sur les routes de France à la chasse au mandat. Ces « intermittents de l'immobilier », qui réaliseraient 15.000 des 832.000 transactions annuelles, travaillent depuis leur salon ou dans leur voiture, occupent souvent un autre emploi et sont rémunérés par des commissions dont le taux varie d'ailleurs avec leur chiffre d'affaires.

« C'est pour l'instant une tempête dans un verre d'eau, pense Jean-François Buet, agent immobilier à Dijon et candidat à la présidence de la Fédération nationale des agents immobiliers. Mais il nous faut rester vigilants car le modèle fait école. » Le rachat par Artemis, le holding familial du groupe PPR, des deux leaders du marché, Capifrance et Optimhome -sans doute voués à fusionner -, a annoncé, il y a quelques mois, le passage à l'ère industrielle.Les affiches ont fleuri ces dernières semaines : « Devenez conseiller immobilier, enfin indépendant, enfin bien rémunéré. » Capifrance propose 350 « postes » en Ile-de-France. « Sachez qu'il n'est pas indispensable d'avoir une expérience dans l'immobilier », peut-on encore lire sur le site Internet. Ces postes n'en sont pas réellement et les agents commerciaux nullement salariés. Au contraire, ils devront commencer par verser 360 euros par mois pour avoir accès à une formation de douze jours et aux supports - plus de 1.000 sites Internet, affirme la publicité -sur lesquels poster leurs annonces. Puis patience... Il leur faudra attendre encore de six à huit mois avant de toucher les fruits de leur travail.Un modèle déjà ancien.

Jacques Daboudet, le nouveau président de ce réseau, revendique 1.400 commerciaux - lorsque les agences classiques comptent en moyenne 3 ou 4 personnes -et un chiffre d'affaires de 50 millions d'euros pour 6.000 ventes, qu'il compte doubler en deux ans. « Le modèle financier est assez clair, il vise à faire de l'argent », explique François Pineda. Ce consultant, d'abord soutien des réseaux, n'a pas de mots assez durs pour les dénoncer. « Qu'il y ait ou non une transaction, la structure engrange 6 millions d'euros par an apportés par les contributions des agents. »
Sur le terrain aussi, le calcul est vite fait : 4 ou 5 ventes rémunérées en moyenne à 7.000 euros ne suffisent pas pour vivre. De ce revenu annuel de 30.000 euros, il faut retirer le loyer, les frais, les charges. « Même avec un régime fiscal d'autoentrepreneur, il ne reste pas grand-chose », poursuit-il.Le modèle n'est pas nouveau pourtant, les agents immobiliers l'ont eux-mêmes inventé il y a plus de vingt ans pour échapper aux contraintes du salariat. Ils travaillent ainsi avec plus de 15.000 de ces commerciaux.

La loi Engagement national pour le logement a recadré cette pratique en 2006 en modifiant l'article 4 de la loi Hoguet de 1970. Le nouveau texte précise que l'agent commercial ne peut ni encaisser de chèque, ni rédiger d'acte sous seing privé. Quelle différence, alors, sinon de taille, avec les réseaux si critiqués ? « Nous les soupçonnons de vouloir déréguler la profession, souligne Jean-François Buet. Nous savons de source sûre qu'ils ont tenté d'influer sur la rédaction de la loi Lefèbvre (*) et de supprimer les amendes pour ouverture de succursales sans autorisation préfectorale. Nous savons aussi qu'ils acceptent des chèques au nom du réseau et les envoient au siège, ce qui est illégal. Quelle sécurité juridique ont les acquéreurs face à ces pratiques ? » Les autres critiques ne manquent pas : dumping sur les commissions, formation insuffisante, isolement des négociateurs parfois situés à 600 kilomètres du siège... « Lorsque je vais acheter un tube d'aspirine en pharmacie, j'ai un conseil.

Dans un supermarché, je prends mes responsabilités. L'analogie parle d'elle-même », commente un agent immobilier.Y a-t-il de la place pour tous ? La moitié des transactions se signent aujourd'hui entre particuliers, sans intermédiaire. C'est sur ce vivier que comptent les réseaux. De leur côté, soucieux de leurs parts de marché, les agents « à l'ancienne » sont aussi conscients que la cote d'amour de la profession, déjà basse, pourrait encore pâtir de ce modèle de travail à la chaîne.

Source : CATHERINE SABBAH, Les Echos
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