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C'est en toute simplicité que le gotha de la Silicon Valley s'y retrouve. The Battery est l'un de ces lieux très select, à San Francisco, où l'on vient pour parler affaires, lancer une start-up ou changer le monde. L'ancienne marbrerie a été reconvertie en club privé pour dames et gentlemen. On apprécie son atmosphère propice à " l'interaction et l'inspiration ", comme le vante la brochure. Banquettes design et fauteuils club ont été subtilement déployés dans un décor brut de brique rouge et de larges poutres en bois. Par respect pour les autres membres, il est interdit d'utiliser son smartphone pour téléphoner. Les selfies sont tolérés. Moyennant quelques milliers d'euros de cotisation annuelle, les vénérables adhérents viennent ici étoffer leur réseau ou mesurer leur popularité. " Etre à The Battery, c'est comme être sur Facebook, mais en vrai ", s'exclame une habituée des lieux.

L'endroit est un concentré de Silicon Valley. Ici, le pouvoir et l'argent ne s'affichent pas. Longtemps tenue à l'écart de la débauche technologique et financière provoquée par les géants d'Internet, quelques dizaines de kilomètres plus au sud, San Francisco en est aujourd'hui l'épicentre. Twitter, Uber ou Airbnb sont nés entre ses murs. Ses salariés multimillionnaires sont prêts à tout pour y dénicher un appartement ou même un pied-à terre, profiter des feux de la ville et tourner le dos à la Valley, ses zones industrielles et ses échangeurs autoroutiers. La Golden City vit toutefois sa prospérité à un train de sénateur. La vie nocturne est quasiment inexistante, il est complexe de se faire servir dans un restaurant après neuf heures du soir, et les adeptes du bling-bling y seront pour leurs frais.

La passion des bolides

Les fortunes de la région se montrent plus ou moins discrètes. Ferrari et Lamborghini, sont remisées au garage. Pour faire simple, on opte pour une Tesla, dont le fondateur Elon Musk se révèle parmi les plus show-off avec ses projets spatiaux sidérants. Passionné de bolides en tous genres, l'homme s'est offert un gadget de James Bond, lors d'une vente aux enchères à Londres, pour 1 million de dollars. La Lotus Esprit, surnommée " Wet Nellie ", était la voiture amphibie de 007 dans L'Espion qui m'aimait, tourné en 1977. La déception du jeune Musk fut immense quand il apprit que la voiture ne se convertissait par réellement en sous-marin. L'homme d'affaires s'est juré de transformer la fiction en réalité, en utilisant la science des ingénieurs de Tesla.

A l'est de la Silicon Valley, en plein désert de Mojave, un autre milliardaire est en passe de réaliser son rêve. Avec sa fortune supérieure à 20 milliards de dollars, le cofondateur de Microsoft Paul Allen s'est déjà offert des yachts, des jumbojets, des équipes de football et de basket. L'an dernier, il a payé 27 millions de dollars pour une villa avec piscine à Atherton, le coin le plus cher de la Silicon Valley. Des bricoles comparées à son projet Stratolaunch, le plus gros avion du monde, équipé de six réacteurs de Boeing 747, qui placera bientôt des satellites dans l'espace. Le premier prototype a quitté son hangar de 8.000 mètres carrés en juin. Pour se faire pardonner leurs caprices, les gourous californiens réinjectent souvent une partie de leur richesse dans les bonnes oeuvres, au travers, notamment, de galas de charité, objets d'une compétition féroce. Le gala annuel Pixar, qui a la réputation de lever 2 millions de dollars à l'heure, aide les étudiants à se surpasser à l'université grâce à la générosité de Tim Cook et de Johnny Ive, d'Apple. Tipping Point, qui collecte autour de 14 millions par an, ambitionne de résoudre le problème des sans-abri à San Francisco.

Bienfaiteurs et bâtisseurs

Certains n'hésitent pas à prendre personnellement les choses en main à l'instar de Marc Benioff, fondateur de l'éditeur de logiciels d'entreprise Salesforce. Un géant de plus de 2 mètres, issu d'une vieille famille de San Francisco. Son grand-père avait organisé la levée de fonds pour la construction des chemins de fer de la ville. Avec sa fortune estimée à plus de 4 milliards de dollars, il a fait construire un immense hôpital pour enfants, à l'entrée de la cité. Il a également chamboulé la ligne d'horizon de la métropole en faisant construire, pour 700 millions de dollars, une tour de 326 mètres de haut, qui abritera le quartier général du groupe.

Mais, passé ces rares folies architecturales, les milliardaires californiens de la tech préfèrent dépenser leur argent dans leur maison. Il y a quelques années, Marc Benioff s'est offert une villa confortable, non loin de celle du cofondateur de Twitter, Jack Dorsey, à Sea Cliff. Ce quartier huppé au nord-est de la ville attire ceux qui se sont lassés des demeures pourtant prisées de Pacific Heights. La résidence de Marc Benioff offre une vue imprenable sur l'océan Pacifique. Idéal pour les séances de méditation qu'il affectionne, comme la plupart des entrepreneurs à succès de la tech californienne. Et le jardin est suffisamment grand pour organiser de grands barbecues le week-end, ces grands moments de socialisation de la Silicon Valley. Le fondateur de Salesforce s'est aussi offert un coin de terre à Hawaï, non loin de l'île de Lanai, acquise en 2012 pour 500 millions de dollars par son grand rival Larry Ellison, le fondateur d'Oracle.

Collectionneur de maisons

Pour ces richissimes hommes d'affaires, chantres du tout-digital et de la virtualisation, rien ne vaut la terre et la brique pour placer son argent. Réputé très actif dans les oeuvres humanitaires, Mark Zuckerberg n'oublie pas pour autant les vertus de la pierre. Le fondateur de Facebook a eu le coup de foudre pour un charmant pied-à-terre à San Francisco, près de Dolores Park, dans le quartier de Mission, pour lequel il a déboursé près de 10 millions de dollars. Selon Forbes, il serait également, à New York, l'heureux propriétaire du penthouse de la tour One57, au sud de Central Park, le programme immobilier le plus cher de tout Manhattan. Montant de l'acquisition : 90 millions d'euros, record absolu pour la Grosse Pomme.

Avec une fortune estimée à plus de 62 milliards de dollars, le jeune Zuck, 33 ans, peut se permettre quelques fantaisies. A Palo Alto, en plein coeur de la Silicon Valley, où il a acheté sa première maison en 2011 pour 7 millions de dollars, il a fait racheter toutes les villas du pâté de maisons pour un total de 30 millions. Le prix de la tranquillité. Pour vivre comme sur Facebook, mais dans la vraie vie.

C’est en toute simplicité que le gotha de la Silicon Valley s’y retrouve. The Battery est l’un de ces lieux très select, à San Francisco, où l’on vient pour parler affaires, lancer une start-up ou changer le monde. L’ancienne marbrerie a été reconvertie en club privé pour dames et gentlemen. On apprécie son atmosphère propice à « l’interaction et l’inspiration », comme le vante la brochure. Banquettes design et fauteuils club ont été subtilement déployés dans un décor brut de brique rouge et de larges poutres en bois. Par respect pour les autres membres, il est interdit d’utiliser son smartphone pour téléphoner. Les selfies sont tolérés. Moyennant quelques milliers d’euros de cotisation annuelle, les vénérables adhérents viennent ici étoffer leur réseau ou mesurer leur popularité. « Etre à The Battery, c’est comme être sur Facebook, mais en vrai », s’exclame une habituée des lieux.

L’endroit est un concentré de Silicon Valley. Ici, le pouvoir et l’argent ne s’affichent pas. Longtemps tenue à l’écart de la débauche technologique et financière provoquée par les géants d’Internet, quelques dizaines de kilomètres plus au sud, San Francisco en est aujourd’hui l’épicentre. Twitter, Uber ou Airbnb sont nés entre ses murs. Ses salariés multimillionnaires sont prêts à tout pour y dénicher un appartement ou même un pied-à terre, profiter des feux de la ville et tourner le dos à la Valley, ses zones industrielles et ses échangeurs autoroutiers. La Golden City vit toutefois sa prospérité à un train de sénateur. La vie nocturne est quasiment inexistante, il est complexe de se faire servir dans un restaurant après neuf heures du soir, et les adeptes du bling-bling y seront pour leurs frais.

La passion des bolides

Les fortunes de la région se montrent plus ou moins discrètes. Ferrari et Lamborghini, sont remisées au garage. Pour faire simple, on opte pour une Tesla, dont le fondateur Elon Musk se révèle parmi les plus show-off avec ses projets spatiaux sidérants. Passionné de bolides en tous genres, l’homme s’est offert un gadget de James Bond, lors d’une vente aux enchères à Londres, pour 1 million de dollars. La Lotus Esprit, surnommée « Wet Nellie », était la voiture amphibie de 007 dans L’Espion qui m’aimait, tourné en 1977. La déception du jeune Musk fut immense quand il apprit que la voiture ne se convertissait par réellement en sous-marin. L’homme d’affaires s’est juré de transformer la fiction en réalité, en utilisant la science des ingénieurs de Tesla.

A l’est de la Silicon Valley, en plein désert de Mojave, un autre milliardaire est en passe de réaliser son rêve. Avec sa fortune supérieure à 20 milliards de dollars, le cofondateur de Microsoft Paul Allen s’est déjà offert des yachts, des jumbojets, des équipes de football et de basket. L’an dernier, il a payé 27 millions de dollars pour une villa avec piscine à Atherton, le coin le plus cher de la Silicon Valley. Des bricoles comparées à son projet Stratolaunch, le plus gros avion du monde, équipé de six réacteurs de Boeing 747, qui placera bientôt des satellites dans l’espace. Le premier prototype a quitté son hangar de 8 000 mètres carrés le mois dernier. Pour se faire pardonner leurs caprices, les gourous californiens réinjectent souvent une partie de leur richesse dans les bonnes oeuvres, au travers, notamment, de galas de charité, objets d’une compétition féroce. Le gala annuel Pixar, qui a la réputation de lever 2 millions de dollars à l’heure, aide les étudiants à se surpasser à l’université grâce à la générosité de Tim Cook et de Johnny Ive, d’Apple. Tipping Point, qui collecte autour de 14 millions par an, ambitionne de résoudre le problème des sans-abri à San Francisco.

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