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Brive-la-Gaillarde, France

Il y a une vie après celle de sportif de haut niveau. Et le CA Brive se démarque en la matière pour accompagner les joueurs. Il a lancé, il y a quelques années, un dispositif de reconversion professionnelle, notamment sous l'impulsion de Vivendi et en partenariat avec Provale, le syndicat des joueurs. Certains d'entre eux bénéficient d'aide afin de se former pour l'après rugby. " Un devoir sociétal " explique-t-on au CAB où, derrière le joueur, on se soucie de l'homme entre découverte du monde de l'entreprise avec des structures partenaires du club, bilan de compétences, présentation de formations ou cours de langue pour les joueurs étrangers.

"Quand le rugby va un peu moins bien, ça fait du bien de voir autre chose"

C'est le cas de Thomas Acquier, 29 ans, il s'apprête à être mandataire pour être courtier en crédit immobilier. On le connaissait sur le terrain, le voilà côté bureau à ICC Finance, dans l'hyper centre de la cité gaillarde. Il a troqué ses crampons pour des chaussures de ville, son short et son maillot pour une tenue d'homme dans l'air du temps. Le talonneur vient au bureau quand il n'a pas entraînement. " Ca fait un moment que je suis à Brive. Je m'y sens bien implanté et j'avais envie de commencer à voir autre chose ", explique Thomas Acquier. Titulaire d'un BTS en management commercial mais pas d'une licence abandonnée il y a 10 ans pour se donner une chance de réussir dans le rugby professionnel, il vient de valider la formation interne à l'entreprise pour devenir mandataire. " Le rugby, quand tout va bien, c'est super. Quand ça va un peu moins bien, ça fait du bien de voir autre chose et d'en sortir un peu " continue celui qui dispute sa cinquième saison en Corrèze.

Thomas Acquier bientôt mandataire, Julien Le Devedec co-propriétaire

Sérieusement touché à une cheville à Massy fin octobre dernier, il sait de quoi il parle. " J'ai eu dix semaines d'arrêt. Dans la tête, c'est un peu compliqué. Là, ça permet de s'oxygéner et de préparer l'avenir ". Le voilà apte, désormais, à monter des dossiers pour des crédits immobiliers, notamment grâce à une formation prise en charge par le CAB et Provale. Il évolue au sein d'un environnement rompu au rugby car l'agence est détenue par l'ex joueur briviste Julien Le Devedec et son associée. " Quand on a eu l'opportunité de monter cette société, je pensais que c'était une bonne chose " reprend l'actuel deuxième ligne de Montpellier. " Je suis en train de faire la même formation que Thomas, j'espère que ça va marcher pour cette reconversion ". " Dans toutes les agences, soit le directeur, soit un des mandataires sont issus du milieu du rugby " continue Cyrielle Lacore, " alors c'était une évidence d'avoir un joueur de Brive avec nous au quotiden ". De quoi permettre à Thomas Acquier de voir son avenir personnel plus sereinement.

Guillaume Ribes et Didier Bécot, son maître d'apprentissage en menuiserie - Aucun(e)
Guillaume Ribes et Didier Bécot, son maître d'apprentissage en menuiserie - DR

Guillaume Ribes est menuisier

D'autres, absorbés par leur carrière de haut niveau, anticipent moins les choses et se retrouvent parfois dans une position plus précaire au moment de raccrocher les crampons. C'est le cas de Guillaume Ribes, qui aura 35 ans cette année. L'ancien talonneur du CAB, après quelques mois passés à soigner une opération à l'épaule et à prendre du temps pour lui, est en train de trouver sa nouvelle voie. Il est apprenti chez Didier Bécot, menuisier à Sainte-Féréole. " Je n'avais pas trop pensé à ma reconversion avant d'arrêter " dit-il, mais " Didier, supporter du CAB depuis plus de vingt ans, était déjà un ami que je côtoyais aussi à la chasse. Au début, je suis venu comme ça à l'atelier pour découvrir le métier. J'ai rapidement été séduit " continue celui qui n'a jamais ménagé son corps et ses adversaires sur le terrain.

"J'avais déjà un peu d'expérience dans le travail manuel"

" Je suis tourneur-fraiseur d'origine, et très manuel. Je bricole beaucoup dans ma maison achetée il y a dix ans à Brive. J'ai été élevé comme ça à la campagne où on bricole et on touche à tout, donc j'avais déjà un peu d'expérience dans le travail manuel ". Le bois, c'est désormais son affaire. " On part d'une planche et on essaye de faire quelque chose de correct. La création et le compte rendu final sont plaisants : mastiquer des carreaux, fabriquer des portes, poser des cuisines, des fenêtres, etc. Ce qui est bien avec ce boulot, c'est qu'on ne fait pas de choses répétitives " conclut celui qui a aussi fait le choix de passer du temps avec sa fille durant sa carrière. " Il est _fidèle à ce qu'il était sur un terrain :volontaire et à l'écoute_. Quand il ne sait pas, il demande. C'est l'apprenti qu'on a tous envie d'avoir " lance son maître d'apprentissage. " Moi, à 34 ans, je savais tout faire ou presque dans le boulot. Il est certain qu'il faut maintenant qu'il aille un peu plus vite, mais je suis parfois étonné de la vitesse à laquelle il assimile les choses ". Et avoir un ex rugbyman pro dans son atelier ? " Moi, ça va, on se connaissait. Mais c'est vrai que ça fait un peu bizarre à certains clients de le voir débarquer chez eux alors qu'ils le voyaient sur le terrain. Mais, à Sainte-Féréole, il est désormais adopté comme étant le menuisier ". Guillaume Ribes a définitivement donné une nouvelle tournure à son existence... lui qui n'a plus remis les pieds au Stadium depuis qu'il a rangé les crampons. Seul élément de comparaison de l'époque : il roule toujours avec son Citroën Berlingo blanc dont il est si amoureux.

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