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“Actions de guérilla”, “harcèlement immobilier”, “instauration de la terreur”, telles sont les expressions qu’utilise José Fernandes, un avocat de l’Association des locataires du Nord, pour décrire ce que subissent aujourd’hui les locataires de la part de propriétaires décidés à leur faire quitter le logement qu’ils occupent.

“Les gens sont terrorisés”, explique-t-il, citant divers exemples de “techniques d’intimidation” : “on inonde les parties communes des immeubleson coupe l’électricité et l’eau sans raisonon débarque sans prévenir pour montrer le logement à un investisseur”, ou encore “on fait venir des ‘gorilles’ qui intimident les gens”. Pour ce spécialiste, “la gentrification se déroule dans un irrespect total. C’est la dure réalité.”

“Les techniques d’intimidation sont de plus en plus brutales”, confie Inês Branco, du mouvement Nous avons droit à la ville. Ce sont par exemple “des mensonges, des menaces verbales ou physiques”. Son association envisage “l’avenir avec inquiétude : l’absence de protection des gens est alarmante”. Inês Branco sait que “la municipalité de Porto pourrait intervenir, limiter les autorisations de location saisonnière, par exemple, mais elle ne fait rien”.Et de conclure : “C’est la loi de la jungle, et elle n’a aucun frein.”

Selon le Bureau national des locations (BNA), le nombre d’expulsions est en baisse. En 2018, il y a eu 3 087 demandes d’expulsion, dont 912 se sont concrétisées. C’est le chiffre le plus bas depuis la création du BNA en 2013. L’année 2017 avait été bien pire : 4 051 demandes et 1 678 expulsions. Cette diminution s’explique par un moratoire adopté en juillet et valable jusqu’en mars qui interdit l’expulsion de locataires âgés de plus de 65 ans ou faisant valoir une incapacité à 60 %.

Cependant, “les chiffres officiels ne sont pas fiables”, précise Rita Silva, de Habita, collectif pour le droit au logement et à la ville. “Un tiers seulement des expulsions passe par le Bureau. Il y a des gens qui vont au tribunal, d’autres qui abandonnent et partent, voire qui sont expulsés mais ne se retrouvent pas dans les statistiques.” Et d’ajouter, pour illustrer ses propos : “Habita a été créé en 2012 mais a traité rien qu’en 2018 plus d’affaires qu’au cours des sept années précédentes prises dans leur ensemble.”

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